À l’occasion d’une rencontre de haut niveau organisée par le Fonds international de développement agricole (FIDA), le ministre guinéen de l’Agriculture, Félix Lamah, a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources destinées aux producteurs ruraux, aux infrastructures agricoles et à la modernisation des chaînes de valeur.


La Guinée entend faire du développement agricole un pilier majeur de sa souveraineté alimentaire et de sa transformation économique. C’est dans cette dynamique que le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a représenté, ce mercredi 14 octobre 2026 à Rome, le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, à la table ronde de haut niveau du Fonds international de développement agricole (FIDA), consacrée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans le cadre de la 14ᵉ reconstitution des ressources de l’institution, connue sous l’appellation FIDA14.
Au cours de cette rencontre, le ministre a défendu une approche axée sur le financement du « premier kilomètre agricole », qui englobe les investissements et les services indispensables pour accompagner les producteurs depuis les bassins de production jusqu’aux marchés. Cette approche vise notamment à améliorer la productivité, faciliter l’écoulement des récoltes et accroître les revenus des exploitants agricoles.
Pour les autorités guinéennes, le renforcement des investissements dans ce secteur constitue un enjeu stratégique, tant pour la sécurité alimentaire que pour la création d’emplois, particulièrement au bénéfice des jeunes et des femmes vivant en milieu rural.
Trois priorités pour accélérer la transformation agricole
Face aux défis liés au financement, à l’accès aux marchés et à la valorisation des productions locales, Félix Lamah a mis en avant trois priorités majeures : le financement des infrastructures agricoles et le désenclavement des zones rurales, la modernisation des mécanismes de financement et la structuration des chaînes de valeur, ainsi que l’attraction de nouveaux investissements privés.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources auprès des partenaires techniques et financiers, tout en développant des mécanismes innovants de financement, de garanties et de cofinancement. L’objectif est de mieux répondre aux besoins des exploitations agricoles et de créer un environnement favorable à l’investissement dans le secteur rural.
Cette orientation s’inscrit dans la vision des autorités guinéennes, sous le leadership du président de la République, Mamadi Doumbouya, qui placent l’agriculture parmi les leviers essentiels de la souveraineté alimentaire et de la diversification de l’économie nationale.
Simandou 2040, un cadre pour valoriser le potentiel agricole.


Le Programme Simandou 2040 constitue également un cadre stratégique pour soutenir cette ambition. À travers cette initiative, le Gouvernement entend notamment moderniser l’agriculture familiale, valoriser les corridors économiques et renforcer l’intégration des producteurs guinéens dans des chaînes de valeur compétitives.
Dans cette perspective, les efforts engagés en matière de désenclavement des bassins de production, de maîtrise de l’eau, d’équipement des exploitations et d’accompagnement des ménages ruraux sont appelés à se poursuivre. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes, dont la participation est déterminante pour le développement de l’entrepreneuriat agricole.
Le partenariat avec le FIDA appelé à se renforcer
Partenaire de la Guinée depuis plus de quarante ans, le Fonds international de développement agricole accompagne le pays dans ses efforts de développement rural à travers plusieurs initiatives, notamment le programme AgriFARM.
À Rome, la partie guinéenne a réaffirmé sa volonté de consolider cette coopération, en accélérant le déploiement d’AgriFARM II et en travaillant avec le FIDA à l’élaboration du nouveau Cadre de coopération pays (COSOP) pour la période 2027-2032. Ce cadre devra être aligné sur les priorités nationales, notamment celles définies dans le Programme Simandou 2040.
À travers ce partenariat, les autorités ambitionnent d’améliorer durablement les conditions de production, d’accroître les revenus des exploitants et de favoriser l’émergence d’entreprises agricoles viables.
Au-delà des engagements diplomatiques, l’enjeu sera désormais de traduire les financements mobilisés en résultats concrets sur le terrain : des pistes rurales praticables, un meilleur accès à l’eau et aux équipements, des débouchés commerciaux plus accessibles et des revenus améliorés pour les producteurs. Pour la Guinée, le financement du « premier kilomètre agricole » apparaît ainsi comme une condition essentielle pour transformer son potentiel agricole en richesses durables et en prospérité partagée.

Referenceguinee.net