Abidjan, le 9 octobre 2026, le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a présenté trois projets prioritaires visant à accélérer la transformation du secteur agricole guinéen. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat entre le Gouvernement guinéen et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) autour du Programme Simandou 2040.

La Guinée entend faire de l’agriculture l’un des principaux moteurs de sa transformation économique. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a pris part, le vendredi 9 octobre 2026 à Abidjan, au dialogue de haut niveau entre le Gouvernement guinéen et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
Cette rencontre, consacrée au renforcement du partenariat stratégique pour la mise en œuvre du Programme Simandou 2040, a été conduite par Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. La délégation guinéenne comprenait également des représentants des départements en charge du Plan, des Infrastructures, des Transports et de l’Énergie, illustrant le caractère multisectoriel de ce programme de développement.
Les discussions ont notamment porté sur les priorités nationales d’investissement, les mécanismes de financement et les moyens d’accélérer la réalisation des projets structurants.
Trois priorités pour transformer l’agriculture guinéenne
À cette occasion, Félix Lamah a exposé trois axes prioritaires destinés à renforcer les capacités de production agricole, à développer les chaînes de valeur et à améliorer la contribution du secteur à l’économie nationale.
La première priorité concerne la deuxième Stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR 2). L’objectif est de parvenir à l’autosuffisance en riz, de réduire la dépendance aux importations et de constituer des stocks de sécurité alimentaire. À terme, la stratégie ambitionne également de positionner la Guinée sur les marchés d’exportation à l’horizon 2040.
Pour atteindre ces objectifs, le programme prévoit notamment l’aménagement et la valorisation de 150 000 hectares de terres rizicoles.
Le deuxième projet porte sur l’accélération de l’agropôle de Boké. Cette initiative vise à développer les chaînes de valeur du riz, de l’anacarde et de l’arachide, grâce à des aménagements agricoles adaptés, à la transformation agro-industrielle et à une plus grande mobilisation des investissements privés.
Le ministre de l’Agriculture a notamment plaidé pour l’accélération de la formulation du projet et le relèvement à 15 000 hectares des superficies rizicoles à aménager et à valoriser. L’ambition est de renforcer la production locale tout en favorisant l’émergence d’activités industrielles et commerciales autour des filières agricoles.
Le troisième axe concerne le développement des chaînes de valeur du café, du cacao et de l’anacarde. Les interventions envisagées devraient mettre l’accent sur le désenclavement des bassins de production, l’amélioration de la productivité, la transformation locale des produits agricoles et l’accès aux marchés d’exportation.
Ces différentes filières représentent des opportunités pour accroître la valeur ajoutée produite en Guinée, stimuler l’entrepreneuriat agricole et créer des emplois, notamment en milieu rural.
La BAD sollicitée pour accompagner les investissements
La présentation de ces projets traduit la volonté du ministère de l’Agriculture de renforcer sa coopération avec la Banque africaine de développement afin de mobiliser les financements et les appuis techniques nécessaires à leur réalisation.
Au-delà des objectifs de production, les projets défendus s’inscrivent dans une approche visant à moderniser les infrastructures agricoles, à encourager la transformation industrielle et à favoriser la participation du secteur privé au développement des filières.
La concrétisation de ces ambitions nécessitera toutefois des investissements adaptés, une coordination efficace entre les acteurs publics et privés ainsi qu’un accompagnement technique permettant d’assurer la durabilité des réalisations.
Simandou 2040, un levier de diversification économique
À travers ces trois priorités, la Guinée ambitionne de faire de l’agriculture un pilier de sa souveraineté alimentaire et un levier de diversification de son économie dans le cadre du Programme Simandou 2040, porté sous la présidence de Mamadi Doumbouya.

La réussite de cette orientation dépendra notamment de la capacité à transformer les engagements en projets financés, à améliorer les conditions de production et à développer des unités de transformation capables de valoriser les ressources agricoles nationales.
Pour le secteur agricole guinéen, l’enjeu est désormais de traduire ces priorités en résultats concrets : davantage de production locale, moins de dépendance aux importations, une meilleure valorisation des produits agricoles et de nouvelles opportunités d’emploi.
L’agriculture est ainsi appelée à jouer un rôle central dans la construction d’une économie guinéenne plus diversifiée, productive et résiliente à l’horizon 2040.
Eugène Capi Balamou




