À quelques mois de l’élection présidentielle du 16 janvier, le gouvernement nigérian a annoncé une série de mesures destinées à atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants sur les ménages et les entreprises. La principale d’entre elles prévoit une réduction temporaire du prix de l’essence pour les opérateurs de transports publics.
Présentée par le ministre des Finances, Taiwo Oyedele, cette initiative s’appliquera dans un premier temps pendant 30 jours. La remise concernera le carburant distribué par la compagnie pétrolière nationale NNPC Limited, qui exploite un vaste réseau de stations-service à travers le pays.
Le gouvernement insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un retour aux subventions supprimées en 2023 par le président Bola Tinubu. Selon Taiwo Oyedele, l’État se contentera de vendre l’essence « au prix coûtant », sans préciser le montant exact de la réduction.
Cette annonce intervient alors que le prix du litre d’essence avoisine les 1 400 nairas, contre environ 830 nairas avant la flambée des prix provoquée par les tensions au Moyen-Orient. La suppression des subventions sur les carburants, saluée par de nombreux économistes, a toutefois fortement contribué à la hausse du coût de la vie dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Le gouvernement défend ces réformes, estimant qu’elles étaient indispensables pour préserver les finances publiques. Bola Tinubu affirme que le maintien des subventions n’était plus soutenable et qu’elles menaçaient la stabilité économique du Nigeria.
L’opposition reste cependant très critique. Le Congrès démocratique du Nigeria, qui soutient la candidature de Peter Obi, accuse le pouvoir de réintroduire indirectement les subventions à l’approche du scrutin. De son côté, Atiku Abubakar s’interroge sur l’avenir de cette mesure une fois les 30 jours écoulés et plaide pour un système de subventions ciblées afin de réduire durablement les prix à la pompe.
Au-delà de cette remise temporaire, le gouvernement souhaite instaurer un mécanisme de modulation des prix afin de limiter les fluctuations du carburant. Il négocie notamment un plafond de 1 350 nairas le litre, avec un système permettant aux raffineurs et importateurs d’absorber temporairement les hausses avant de récupérer leurs coûts lorsque les conditions du marché seront plus favorables.
Cette initiative illustre l’équilibre délicat que tente de trouver le gouvernement entre la poursuite des réformes économiques et les attentes d’une population confrontée à une inflation persistante, à quelques semaines d’un scrutin présidentiel décisif.
AFP




