Le procès de l’ancien avocat général près la Cour suprême, Algassimou Diallo, a connu un nouveau rebondissement ce jeudi 15 octobre 2026. Après le rejet de deux requêtes introduites par ses avocats, le collectif de la défense a annoncé la suspension de sa participation à la procédure, invoquant des préoccupations liées au respect du droit à un procès équitable.
Poursuivi notamment pour des faits de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, ainsi que d’association de malfaiteurs, Algassimou Diallo est placé sous mandat de dépôt depuis le 27 août 2026. L’audience de ce jeudi devant les chambres réunies de la Cour suprême a principalement porté sur deux demandes formulées par ses conseils.
La récusation de trois magistrats rejetée
Dès l’ouverture des débats, les avocats de l’ancien magistrat ont contesté la composition de la formation de jugement. Ils estiment que certains magistrats appelés à statuer sur cette affaire avaient également participé à la décision autorisant les poursuites contre leur client.
Sur cette base, la défense a demandé la récusation de trois magistrats : Ibrahima Sory I Tounkara, Yaya Boiro et Fatou Bongoura.
Après plus de trois heures de délibération, la Cour suprême a rejeté cette requête. Une décision que les avocats de l’accusé ont vivement contestée.
La demande d’annulation de l’ordonnance de renvoi rejetée
À la suite de ce premier revers, le collectif de la défense a introduit une seconde requête visant l’annulation de l’ordonnance ayant renvoyé Algassimou Diallo devant les chambres réunies pour y être jugé.
Les avocats ont notamment invoqué l’article 282 du Code de procédure pénale, qui prévoit, selon leur argumentation, la mise à disposition du dossier pendant trois jours afin de permettre à la défense de présenter ses observations avant le règlement de l’instruction.
Me Moussa Diallo a soutenu que cette formalité n’aurait pas été respectée dans le cadre de la procédure concernant son client. Selon lui, la rapidité avec laquelle l’instruction aurait été clôturée n’a pas permis aux conseils de disposer du délai nécessaire pour faire valoir leurs observations.
La défense a également cité les articles 396 et 444 du Code de procédure pénale pour appuyer sa demande d’annulation.
Après de nouveaux échanges entre les avocats et le procureur général près la Cour suprême, Sidy Souleymane N’Diaye, la juridiction a rejeté la requête, estimant qu’elle était mal fondée.
Les avocats dénoncent les conditions d’un procès équitable
Face à ces deux décisions défavorables, les avocats d’Algassimou Diallo ont annoncé la suspension de leur participation aux audiences.
Me Moussa Diallo a exprimé les inquiétudes du collectif, notamment au sujet de la mention figurant dans l’arrêt relatif à la récusation, qui ferait état de la présence du ministère public lors de la délibération.
Pour la défense, cette circonstance soulève des interrogations sur les garanties d’impartialité et d’équité de la procédure.
« On n’a plus de raison à figurer dans une procédure comme ça », a déclaré Me Moussa Diallo, estimant que les conditions actuelles ne leur permettent plus de participer sereinement aux débats.
Cette décision marque une nouvelle étape dans un procès particulièrement sensible, alors que la défense conteste la régularité de plusieurs actes de procédure.
Une nouvelle audience prévue ce vendredi
Algassimou Diallo est assisté par un collectif de neuf avocats, composé notamment de Me Murielle Houindo, Me Houleymatou Bah, Me Lancei 3 Doumbouya, Me Mama Aissata Fofana, Me Mamady Soufiane Kouyaté, Me Alpha Amadou DS Bah, Me Almamy Samory Traoré, Me Moussa Diallo et Me Raffi Raja.
L’audience a été renvoyée au vendredi 16 octobre 2026. La suite des débats devrait permettre de connaître l’évolution de cette procédure, dans un contexte marqué par le désaccord entre la juridiction et les conseils de l’accusé.

La rédaction